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Bienvenue à Sainte-Anne-de-la-Pérade, capitale mondiale du poisson des chenaux. Un endroit unique au monde, un village sur une rivière.

La découverte
La pêche aux petits poissons des chenaux fut découverte par pur hasard. Ce n'est qu'en 1938 que l'on constata la présence du poisson dans la rivière Sainte-Anne. Un Péradien travaillait un jour à couper des blocs de glace pour les glacières de ce temps, lorsqu'il aperçut quelques poissons folâtrant sur le fond de sable et la grande aventure commença.

Plusieurs gens construisirent quelques cabanes. Les p'tits poissons de la Pérade firent parler d'eux dans le voisinage, puis leur réputation gagna les centres éloignés. Comme les routes étaient fermées l'hiver, on venait à la pêche de partout par le chemin de fer du Canadien Pacifique. L'accueil était très pittoresque, on allait chercher les visiteurs en traîneaux à chiens.

L'installation
Durant la période hivernale du 26 décembre au 15 février, on ne retrouve pas moins 600 chalets de pêche illuminés qui constituent ce village féérique.

Lorsque le froid est assez vif pour faire prendre la glace sur la rivière, la première occupation des pourvoyeurs est de faire épaissir la glace au plus vite, afin que celle-ci soit sécuritaire pour accueillir ces 100 000 visiteurs.

Pour ce faire, ils procèdent de plusieurs façons, soit en perçant des trous dans la glace pour que l'eau monte d'elle-même à la surface, ou en l'arrosant à l'aide de pompe, c'est-à-direqu'ils prennent l'eau sous la glace pour l'envoyer par-dessus, ce qui constitue plusieurs nuits au froid...

Dès la mi-décembre, les pourvoyeurs installent les poteaux électriques et l'installation des chalets de pêche se fait très rapidement. Ces derniers sont transportés sur un traîneau et tirés par un tracteur ou une chenille. les pourvoyeurs font d'abord un trou dans la glace à l'aide d'une scie mécanique et mettent le chalet de pêche au-dessus du trou sur des blocs de glace. Par la suite, ils entourentle cabane avec de la neige pour permettre une plus grande isolation.

Notons qu'anciennement la tâche était beaucoup plus difficile puisque les scies mécaniques n'existaient pas, donc on découpait la glace avec un godendard. De plus, le seul moyen d'apporter les cabanes sur la rivière, c'était de les faire tirer par des chevaux.

Le poulamon
l'étude du poulamon atlantique nous a permi d'en apprendre beaucoup plus sur ce p'tit poisson des chenaux.

Phénomène rare et contrairement à d'autres espèces anadromes (c'est-à-dire qui naissent et se reproduisent en eau douce mais qui passent une partie de leur vie en eau salée), les poissons de chenaux se nourissent même pendant la fraie.

La plus grande masse de poissons nous arrive vers le 26 décembre et ceux-ci montent la rivière pour déposer leurs oeufs sur le fraie pour accroître ainsi l'espèce. Une grande partie de ceux-ci feront la joie des pêcheurs. La famille du poisson des chenaux a été estimée, il y a quelques années, à 930 millions.

Petit poisson... grand voyageur
La poulamon d'Atlantique est une espèce marine des eaux cotières peu profondes qui voyage régulièrement vers les eaux douces ou saumâtres au moment de la migration de fraie à la fin de l'automne et en hiver. De décembre à février, la population est ainsi des plus vulnérables à l'exploitation. Des études sur les déplacements dans le golfe du Saint-Laurent suggèrent l'existence de plusieurs populations distinctes. Évoluant localement, bien que certains poissons puissent se déplacer sur des distances d'au-delà de 200 kilomètres, la plupart d'entre eux sont plutôt sédentaires. Ainsi, la population aquatique de Ste-Anne-de-la-Pérade passe toute sa vie dans l'estuaire.

Carte d'identité
Poulamon d'Atlantique et Microgadus Tomcod (Walbaum) sont les noms scientifiques de ce poisson. Dans le langage populaire toutefois, on l'appelle plutôt petit poisson des chenaux, poisson de Noël, petite morue, loche ou encore Tommy cod.

La longueur moyenne de cette espèce est d'environ 150 millimètres pour la femelle. Certains peuvent atteindre une longueur maximale de 381 millimètres mais il s'agit là d'exceptions. Son poids moyen est de 45 grammes et de 570 grammes au maximum.

Ordinairement, le poulamon a une vie très courte, il a une longévité moyenne de 3 ans et maximale de 8 ans. Il produit annuellement une moyenne de 8600 oeufs, minimale de 1000 oeufs et maximale de 46 000 oeufs ce qui explique leur abondance dans la rivière Sainte-Anne.




© 2002, Centre de pêche Marchand & fils

Concept de Philippe Masson